Le mythe de la grosse communauté
Florent Hernandez le 26 10, 2011
Nombreux sont ceux qui ne s’appuient que sur la taille des communautés pour juger de la notoriété d’une marque, de la réussite (ou non) de ses opérations social marketing, de son efficacité ou encore plus incroyable, de son ROI (Return on Investment).
Il n’est pas rare lors de mes rendez-vous, principalement en prospection, de devoir répondre aux fameuses questions : « Combien de fans ou de followers pouvez-vous m’apporter ? En combien de temps ? » Dans un monde idéal et utopiste, je n’aurai plus besoin de mettre les courbes de gain de followers ou de fans dans mes reporting… J’exagère un peu volontairement car ces statistiques sont tout de même importantes, mais considérablement moins que des données concernant l’engagement des membres de la communauté. Ce nombre, ou cette « taille de communauté » ne sert en fait à mon avis qu’à avoir de la crédibilité au premier coup d’œil, lors de la première visite d’un internaute sur le profil/page en question. J’aime a faire de temps en temps lorsqu’on me pose ces questions, une petite démonstration assez explicite : Tapez dans Google « Buy Followers » ou « Buy Facebook Fans » (acheter des followers ou des fans) les résultats sont véritablement remplis de services proposant ces achats de communautés. Cette démonstration pour appuyer le fait que le « nombre » n’a pas d’importance, ou peu devant la notion d’engagement et qu’il n’est finalement pas compliqué d’acquérir ces fans. Ce qui l’est plus en revanche, c’est d’en tirer profit.
Sur une page Facebook…
Prenons l’exemple de Facebook, cela parlera au plus grand nombre d’entre vous je pense. Lorsque vous avez une Fan Page,  avec disons 100 fans. Ces fans vous aiment, c’est certain, mais ils ne sont pas exclusifs, ils aiment également d’autres pages. Ils peuvent aimer pour certains jusqu’à des centaines de pages. La question qui se pose alors est la suivante : Si chacune des pages publient une information, laquelle de ces information sera visible sur le mur du fans qui a liké 150 fan page ? L’embouteillage de publications n’est pas envisageable… Facebook fait donc un tri dans le contenu à afficher (je comprends votre déception…). Cela est le même fonctionnement qu’avec les « amis » : Toutes les publications de vos amis ne s’affichent pas sur votre mur. Dans ce domaine, dieu s’appelle EdgeRank : L’algorithme de Facebook qui décide (ou non) d’afficher votre contenu sur le mur de vos fan.
Ainsi, lorsque vous publier un contenu sur votre page, seulement un certain pourcentage de vos 100 fans le voient. Le but ultime des médias sociaux n’est donc pas comme beaucoup le pense de publier beaucoup, mais bien de rendre visible ses publications. Que diriez-vous si seulement 30% des personnes que vous ciblez lors d’un emailing recevaient le mail ? La problématique est la même.
Vous l’avez compris, il est indispensable de travailler son EdgeRank. Alors comment être un bon élève selon Facebook ?
- Publier du contenu engageant : donnant naissance à des interactions (like, clics divers, commentaires, partages, …)
- Répondre rapidement aux commentaires : La notion de vitesse est prise en compte dans EdgeRank
- Être régulier dans les publications
Par A+B …
Voici la démonstration (vulgarisée) de ce qui se passe trop souvent :
Vous avez une page de 100 fans, active, qui génère des interactions. Vous avez un bon score Edgerank et vos publications sont vues. Vous estimez que 100 fans n’est pas assez, vous décidez donc d’en acquérir 100 de plus, par quelques moyens que ce soit. Si ces 100 fans supplémentaires ne sont pas qualifiés, pas engagés, en d’autres termes pas vraiment fans de votre marques (car vous les avez dragués avec un jeux concours ou une quelconque opération séduction), alors votre taux d’interactions sur vos post ne change pas : Seuls les 100 fans initiaux sont réactifs à vos contenu. Le nombre de fans ayant doublé, le pourcentage de fans engagés a par conséquent chuté de moitié. Cela a fortement dégradé votre score Edgerank et vos publications ne s’affichent plus, ni sur les nouveaux fans, ni sur les anciens. Cette démonstration est un peu vulgarisée, mais c’est à peu près ce qu’il se passe sur beaucoup de pages fan.
Le fonctionnement n’est pas exactement le même sur Twitter car « temps réel », mais l’engagement est également beaucoup plus important que la taille de la communauté. Le fonctionnement expliqué ci-dessus pour Facebook est par contre quasiment le même sur Google+, ou le « mur » des internautes n’est pas extensible à volonté pour afficher l’intégralité des publications, un tri est fait.
Les nouveaux outils de statistiques Facebook vont d’ailleurs dans ce sens, sans doute pour sensibiliser sur la notion d’engagement et diminuer cette course aux fans à laquelle beaucoup s’adonnent. Je ne vais pas rentrer dans les détails des nouveaux insights Facebook, je vous laisse lire mon dernier article sur Locita à ce propos : Facebook sort les nouveaux insights. Pour mesurer la performance de vos publications et l’engagement de votre communauté, vous pouvez utiliser de soutils tels que Crowbooster (pour twitter), Agorapulse (pour Facebook) ou encore Edgerank Checker.
Commentaires (21)
Laisser un commentaire
Popular Posts
Recent Posts
Recent Comments
- Florent Hernandez: Merci Yael, ton blog
- Yael Lasry: Tres bon article, me
- assurance locative propriétaire: Bon article Florent.
- Florent Hernandez: Ce qui motive un con
- super: Sur les concouristes






Bonjour Florent, excellent ce rappel sur les « fans » ! Je vois tous les jours des personnes qui ameutent les foules pour acquérir de nouveaux fans, je suis persuadée que pour eux, seule la taille compte
et constitue le reflet de leur notoriété…Je rabâche souvent que la meilleure pub ce sont les autres qui la font pour vous, et que d’autre part avoir des fans c’est bien mais s’ils n’interagissent jamais, ne commentent pas, ce ne sont alors que des fans qui ont liké pour me faire plaisir ou dans l’espoir que je likerai leur page en retour ^^
Bref excellent ton billet, que je vais partager ^^comme d’hab
valérie
Merci Valérie, je suis complètement d’accord avec toi. Merci pour le partage
L’article est passionnant, et l’oiseau bleu obèse (qui peut me confirmer qu’il s’appelle Larry ?) m’a fait éclater de rire. Bravo et merci !
Merci Christine, content que l’article vous ai plu !
Bonjour Florent, Très bien cet article sur la course a celui qui aura la plus grosse. Je me fais un plaisir de le partager sur mon Facebook et mon Twitter également.
En effet souvent les clients nous demandent de leur trouver des centaines de fans et des milliers de followers sans vraiment saisir l’intérêt du qualitatif dans l’interaction avec ceux ci.
Je prendrai ton exemple de la page de 100 fans qui passe a 200 et en perds sa visibilité car ce sont des fans non qualifiés. Cela devrait les aider a mieux comprendre l’idée du qualitatif et du participatif.
Valérie
Bonjour Valérie, effectivement je pense que tu as les mêmes problématiques que moi face à tes clients. Il y a un travail d’éducation à faire vis à vis de cette notion d’engagement. Tu me fera part de tes retours à l’occasion !
Meric pour le partage en tout cas, a bientôt
Article très intéressant qui permet d’y voir plus clair… et de ne pas se laisser avoir par le miroir aux « alouettes » ( qui se vantent de leur poids !)…
Bonne journée
Bonjour,
Un article encore une fois très intéressant !
Une petite note cependant sur ce passage : « alors votre **taux** d’interactions sur vos post ne change pas : Seuls les 100 fans initiaux sont réactifs à vos contenu. Le nombre de fans ayant doublé, le pourcentage de fans engagés a par conséquent chuté de moitié ».
Taux et pourcentage ayant la même signification, j’imagine que le taux que j’ai mis en exergue correspond plus exactement au nombre d’interactions.
Pas besoin de publier ce commentaire, c’était simplement pour préciser ce point
Joli article pour rappeler que la quantité n’est pas aussi importante que l’engagement, et qu’il existe en effet des outils pour mesurer celui-ci, et enfin que ceux-ci ne sont que difficilement trompés par des acquisitions superficielles de fans, quelle que soit la plateforme.
Ceci dit, que valent ces outils sur des communautés aussi faibles que 100 fans ? Quel est l’intérêt d’animer une communauté d’une si petite taille, ou d’en mesurer les fluctuations ? Il faudrait vraiment que cette communauté soit particulièrement qualifiée, et qu’en plus de la notoriété, elle apporte du chiffre d’affaires pour justifier les coûts d’animation, de suivi et de développement.
Bonjour Martin, merci pour ton commentaire.
Je suis d’accord avec toi pour ce qui est d’animer une communauté de petite taille (<100 fans) : Cela est couteux, en temps et eventuellement en argent, pour peu de retour. Dans l'article j'ai pris le nombre 100 pour l'exemple bien sûre, tu l'aura compris.
Là où il peut être interessant de développer, ce serait sur les différentes phase du développement d'une communauté. Ce sera d'ailleurs très certainement l'objet de mon prochain billet. Ces différentes phases se nomment l'acquisition, la rétention, l'engagement et la monétisation.
A très vite
Article intéressant effectivement. J’avais bien déduit l’existence de l’EdgeRank, mais ne connaissais ni son nom, ni l’importance exacte de son impact.
Avec les clients, cela me fait penser, dans le SEO traditionnel, à : « je veux être premier sur « mot_clé_ultra_concurrentiel »… et à qui il faut expliquer l’existence de la longue traîne…
Excellent article argumenté par chiffres, conseils et exemples

Très fière de l’avoir mis comme 1er post sur mon compte entreprise Google+ à l’instant
Belle continuation Florent !
Merci Luckeen !
Excellent article argumenté par chiffres, conseils et exemples !
Très fière de l’avoir mis en 1er post de mon compte Google+ entreprise que je viens de créer à l’instant
Belle continuation Florent !
Désolée pour le commentaire en doublon pour cause d’erreur d’affichage lors de l’envoi ;-(
Suis impatiente d’avoir la suite de cette analyse
Bonjour Florent, excellent ce rappel sur les « fans » ! Je vois tous les jours des personnes qui ameutent les foules pour acquérir de nouveaux fans, je suis persuadée que pour eux, seule la taille compte et constitue le reflet de leur notoriété…Je rabâche souvent que la meilleure pub ce sont les autres qui la font pour vous, et que d’autre part avoir des fans c’est bien mais s’ils n’interagissent jamais, ne commentent pas, ce ne sont alors que des fans qui ont liké pour me faire plaisir ou dans l’espoir que je likerai leur page en retour ^^
Bref excellent ton billet, que je vais partager ^^comme d’hab
valérie
+1
Bonjour Valérie, merci pour le compliment et pour le partage ! A tres vite
On y voit plus clair. Merci
Salut Florent,
Très bon article: tu rappelles clairement qu’une petite communauté de fan actifs vaut mieux à une grosse communauté avec des gens inscrits … qui ne savent plus pourquoi ils sont inscrits!
Ce qui pourrait être intéressant ce serait de savoir comment animer une communauté ou plutôt comment rendre actifs des utilisateurs inscrits.
+1
Très bon article, qui relate bien la différence entre les notions de quantité et de qualité.
C’est comme sur Twitter, on préfèrera avoir 100 followers hyper actifs et influents plutôt que d’en avoir 10000 peu actifs et non enclins à RT.
Pour infos, dans les commentaires plus haut :
Oui, l’oiseau s’appelle bien Larry.
.
Je pense pour ma part qu’il faut s’occuper d’une communauté même si elle ne possède que 100 fans. Pourquoi ? Car il faut bien passer par ce chiffre d’une part, et d’autre part car elle permet de créer un lien avec ses tout premiers fans. Ce qui n’est pas sans intérêt
Bonjour Kevin, merci pour ton commentaire plein de bon sens. Bonne journée